Intervention Franco-Anglaise 1956

(opération Hamilcar puis Mousquetaire) à la suite de la fermeture

du canal de Suez par Nasser

     Sur le cuirassé Jean Bart, départ pour l'Egypte, entre Alger et Chypre 4 Novembre 1956

Quelques jours plus tard le débarquement à Port Fouad

 

Egypte 1956

 

Dés août 1956, deux équipes radios sont détachées au 1°REP(Régiment étranger de Parachutistes) le Régiment est alors commandé par le colonel Brothier, afin de préparer l'intervention en EGYPTE,

Ce sera ensuite le Lieutenant-colonel Jeanpierre .

Aprés un bref retour à la 60 à Hydra, nous rejoignons à nouveau le REPà Zéralda le 17 Septembre 1956 , en alerte pour l’Egypte, là-bas un entraînement intensif va nous préparer à un débarquement futur, que de nausées quand nous passions toute la nuit sur des embarcations de débarquement, à fond plat, afin de débarquer à l’aube sur azur plage à Zéralda. Des embarquements au filet d’abordage avec tout le barda sur le dos, aie aie les mollets, ou des traversées de l’oued Mazagran à la rame sur des bateaux pneumatiques, suivis d’assauts, bref les militaires un peu pointus connaissent tout cela.

En plus , les équipes radios DLO (détachement liaison observation ) que nous constituons se familiarisent avec les codes de la marine, par des exercices transmissions combinés ,avec participation de l'ensemble de la force navale d'intervention, ils sont éxecutés les 21 et 22 septembre puis les 9 et 10 octobre , au large de Sidi Ferruch afin d'acclimater le personnel des deux armées terre / mer. Ils permettront aussi de créer l'automaticité éxigée par la complexité des opérations amphibies

( lire à ce sujet l'excellent livre du général Paul Gaujac "SUEZ 1956" éditions Lavauzelle)

Et ça durera jusqu’au 31 Octobre 56 où nous embarquons enfin sur le Jean Bart, après avoir traversé Alger sous les vivats de la foule enthousiaste de nous voir aller mettre une raclée à Nasser alors accusé de tous les maux pour son soutien au FLN.

Quelques mots sur ce beau navire qu'est le Jean Bart

Comme la situation se dégrade entre la France et l'Egypte, l'Etat-Major Général de la Marine décide de retirer le Jean Bart du Groupe des Ecoles, et de le réarmer partiellement à compter du 8 juillet. Malgré un effectif qui passe de 757 hommes à 1 280 hommes, le cuirassé ne peut mettre en oeuvre tout son armement qui se trouve réduit à : la tourelle II de 380, la tourelle axiale de 152, deux groupements de 100 et trois de 57.

Le Contre-Amiral Cirier, commandant du G.E.S., rentre sa marque le 13 juillet.

Du 22 au 27 août, le cuirassé s'entraîne en rade des Salins. Le 7 septembre, il appareille de Toulon pour des liaisons rapides entre la France et l'Amérique du Nord. A Mers el Kebir le 9 -Arzew où il effectue des tirs contre la terre en compagnie du Georges Leygues-Alger du 10 au 12 et retour à Toulon le 13 septembre.

Du 27 au 29 septembre, il s'entraîne en rade des Salins.

Du 16 au 19 octobre, il effectue de nombreux tirs contre avions.

Dans le cadre de l'opération "Mousquetaire", le Jean Bart quitte Toulon le 24 octobre à destination d'Alger, où il arrive le 26 après s'être livré à de nombreux exercices en mer. Du 29 au 31 octobre, le commando Hubert et les soldats du 1er Régiment Etranger de Parachutistes embarquent à bord. Le cuirassé rejoint la Force Navale d'Intervention créée pour la circonstance (porte-avions Arromanches, la Fayette, croiseur Georges Leygues, escorteurs d'escadre Surcouf, Kersaint, Cassard, Bouvet et le groupe d'action anti sous-marine). La mission de cette flotte est d'appuyer un débarquement dans la zone du canal de Suez que Nasser vient de nationaliser. Par cette importante opération, les Français et les Britanniques espèrent reprendre le contrôle de l'importante voie de passage.

Le Jean Bart quitte Alger le 1er novembre à trois heures du matin, et gagne Limassol dans l'ile de Chypre à l'aube du 4. (la traversée a été effectuée à 25 noeuds). Les troupes qu'il a à son bord sont transférées sur les navires de la force amphibie. Le lendemain, il part mouiller devant Port-Saïd et soutenir le débarquement des troupes, à cette occasion il tire quatre coups de 380 contre la terre. Le 7 novembre il appareille de Port-Saïd puis rentre à Toulon le 13 après une escale à Limassol du 7 au 9 Novembre. Au cours de cette dernière escale, son commandant, le C.V. Digard, descendu à terre, saute sur une mine. L'état de ses blessures est tel qu'il est obligé de passer le commandement à son second, le C.F. Dupuis.

donc...Voyage aller sur le cuirassé JEAN BART jusque CHYPRE ( Limasol) puis sur le LST - ODET navire de débarquement.

Le débarquement aura lieu le 6 novembre 1956, à 6h30 les engins d'assauts quittent les bateaux mères et se rassemblent sous la protection de trois destroyers d'escorte .

à 6h40 direction les plages de Port- Fouad et Port-Said. Je fais partie de la première vague avec le PC1 du 1° REP, ma mission, avec des observateurs dont le Sergent-chef Bernard du 35°RALP, comme DLO, régler les tirs d'artillerie des navires Franco-anglais en préparation et après le débarquement. Nous sommes sur un Aligator, engin qui permet un débarquement à sec en raison du matériel, précieux pour la suite des opérations, que nous détenons.

Mon équipe radio, est constituée de Goossens et Linkx deux légionnaires d'origine allemande, qui seront malheureusement tués quelques temps après leur retour en Algérie.

La deuxième équipe radio avait pour chef de poste mon camarade le sergent Guy Delafond qui plus tard après une carrière plus longue que la mienne finira Lieutenant-colonel, nous ferons une longue route ensemble, une anecdote ,nous traverserons le canal de Suez tous les deux de Port-Fouad à Port-Saîd pour aller visiter un peu la ville de Port-Saîd tenue par les Anglais, mais tout juste sécurisée, nous rentrerons sur une calèche conduite par un égyptien qui n'en menait pas large, et qui ne l'a fait qu'aprés des palabres convaincantes mais je le jure, sans brutalité. Dans la même opération un autre copain Dhordain Henri, avec son équipe radio, sautait avec les Anglais, alors que Francis PUGETavec Yves Guenal rejoignaient les troupes Israéliennes à Tel - Aviv. Nous étions tous chargés d'assurer les liaisons radios avec l' Etat -Major.

Le soir même du jour du débarquement nous embarquons dans divers engins amphibies afin de prendre El Kantara puis Ismaélia, mais le cesser le feu allait mettre un terme à ce branle-bas.

Malgrés tout nous continuons le déployement, je suis affecté comme chauffeur-radio du major Anglais officier de liaison de l'armée britannique, le pauvre, j'avais appris à conduire trés peu de temps avant, mais gràce à son flegme il ne laissa rien paraître, ou presque, de ses angoisses. Un peu plus tard, je rejoins un escadron de chars « Patton » du 1°REC, en fait ces Pattons venaient du 8° Dragon, installé sur le canal au plus proche des lignes ennemies en attendant la suite, mais hélas, il fallut renoncer et rentrer à Alger fin décembre, personnellement sur le S.S.Berkane. Pendant cette absence, mon épouse rentrée en France, devait accoucher de ma fille Eliane.
Dés mon retour à Alger une permission me fut accordée, Je passerai le réveillon sur le "Ville d'Alger" entre Alger et Marseille, le commissaire de bord, agrémenta ce réveillon par un concert d'orgue électronique que j'appréciai

.J'allais enfin retrouver ma famille et la ramener à Alger aprés la perm. Je ne me doutais pas que cela allait encore durer cinq ans.

Colonel Chateau Jobert allias "CONAN"

saute à la tête de ses hommes sur Port Fouad.

Les bombardements ont fait mouches sur les réservoir d'essence.

Un de nos objectifs

C'est parti comme on dit, je suis dans l'alligator ou un autre à côté,

au loin, les citernes de carburant en flamme par les straffing de l'aviation.

Une petite partie de la flotte au large

          Juste après le débarquement à Port-Fouad, la mise en place afin d'assurer les liaisons

avec mon équipe radio

           en liaison avec la flotte Franco Anglaise prés du casino moi même au manip et

mes deux équipiers Goossens et Links tous deux légionnaires du 1er REP

ils seront tués en opération au retour en Algérie

           Des AMX 13   prés de l'usine des eaux

"Dans Port Said , Le Sous Lieutenant Jean LAMBERT Sur son Char PATTON du 1/1/8° Dragons "

Le transfert dans une unité de débarquement vient d'avoir lieu, on remarque les filets d'abordage par lesquels nous sommes descendus avec le barda.

on reconnait, de face, en béret, sur le pont, à gauche de la hampe d'un fanion . le Capitaine Egé. de la 60 ° Ctap

Michel Dauphin en tenue aprés le débarquement ,

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